Carnets de Chine

Le livre de Vincent Hein

Le petit livre de Vincent Hein, « A l’Est des nuages, carnets de Chine » chez Denoel,  se lit facilement. C’est la vie d’un Français vivant en Chine et qui rédige son journal, commencé le 10 Janvier 2005 jusqu’au 12 Sept 2008. C’est un mélange de remarques, de notes, de poèmes ou de nouvelles. Quand on vit à l’étranger, l’esprit est sans cesse sollicité. Ainsi, de manière souvent facétieuse, cette œuvre constitue un ensemble très instructif et riche de documents et d’anecdotes sur la Chine de cette époque. Souvent empreint de sagesse asiatique, mais pas seulement puisque c’est l’époque de la préparation des Jeux Olympiques de 2008 et d’évènements sérieux avec le Tibet. Et oui, tout va si vite en Chine mais beaucoup de remarques sur la Chine sont universelles. Universel également sur l’humanité et malgré les différences culturelles, les sentiments sont les mêmes dans tous les pays. L’auteur nous conte certes ses expériences humaines de voyages (villes chinoises, Mongolie…) et de si loin, des vues sur la France. Comme il se marie avec une belle chinoise, il nous traduit aussi la relation amoureuse, tout simplement.

Extraits:

23/01/2005 – J’aime prendre mon vélo pour me rendre au bureau. Il est noir de l’excellente et célèbre marque Shanghai Forever. J’en ai acheté 3 avant celui-ci. Ils ont tous disparu. Mon assistante qui a toujours réponse à tout m’avait expliqué que l’on ne pouvait se prétendre pékinois tant qu’on n’en s’était pas fait volé un vélo au moins. Je suis rasséréné et 3 fois pékinois. Le dernier lui m’est resté fidèle et j’ai à son égard le plus profond respect.

17 Jan 2005 – J’ai un gros. Un très gros rhume. Nez bouché chat siamois dans la gorge. Un peu de fièvre. J’essaie l’automédication mais rien ni fait. Ruan Zheng, mon assistante, forcée d’entendre mes longs geignements ponctués de moucheries me conseille très sérieusement de boire de l’eau chaude. En Chine, on dit que l’eau chaude soigne 100 maladies me dit-elle, et chaque demi-heure, elle m’en apporte un grand verre. Je m’exécute devant elle car elle ne me quitte pas tant que la potion n’est pas avalée. Je lui souris la remercie et me demande dans quelle mesure elle n’essaie pas de me noyer.

Les méduses font partie de la gastronomie des Chinois

27 Juin 2007 – Il pleut. Les passants s’agglutinent en grappes patientes et solidaires sous les auvents, à l’entrée des magasins, à la sortie du métro. Les parapluies s’ouvrent ensemble, se gênent, les baleines s’accrochent.[…] Les égouts se bouchent, les caniveaux se noient. Les cyclistes se couvrent de ponchos verts, rouges, bleus ou jaunes. Une vieille femme en sandales attend gentiment dans sa flaque qu’un taxi pressé la trempe jusqu’aux seins. L’instant d’après c’est fait.

En conclusion, un livre bien agréable à lire, où l’on se prend à sourire. Il nous aide à relativiser et tout en s’attachant aux faits réels décrits avec poésie, dérision et même auto-dérision, nous livre une philosophie de la vie.



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