Autisme

Le bout du tunnel ? (Tunnel sous-marin, plongée Marseille)

Même s’il y avait quelques indices annonciateurs, quand la nouvelle tombe sur la famille Johnson, en 2005, c’est l’effet d’une bombe: leur fils Lawrence de 2 ans et demi est atteint d’une forme sévère d’autisme. L’enfance de Lawrence a suivi exactement les développements typiques des troubles autistiques (liens association ou encore)  retrouvés pour les enfants atteints d’autisme à savoir: agitation, mouvements stéréotypés répétitifs, anxiété, pas de relations de jeu avec les autres enfants et un déficit d’interaction avec l’environnement social. On peut tenter d’imaginer la vie d’une famille qui renferme un élément aussi destructeur, pratiquant l’automutilation en se mordant au sang et se tapant la tête violemment contre les murs. Pour Lawrence, il était donc impensable de considérer une scolarisation classique. Jusqu’à l’âge de 13 ans tous les traitements possibles ont été envisagés seuls ou en association avec des modifications diététiques et la musicothérapie. Les traitements ont généralement été un échec surtout sur la durée; le seul agent qui parfois procurait quelques répits temporaires était la rispéridone, un puissant antipsychotique. Mais au bout d’un certain temps, ce médicament n’eut plus d’effets et Lawrence pris du poids et redevint violent et agressif. Tout en fuyant les traitements alternatifs fantaisistes, le père de Lawrence passa le plus clair de son temps à rechercher sur les sites médicaux et bases de données bibliographiques les traitements prometteurs, non pour guérir l’autisme mais pour rendre la vie supportable. C’est ainsi que par des cheminements complexes (expliqués dans l’article de Bob Grant, en anglais), le père de Lawrence, Stewart, finit par comprendre et agréger les points suivants: l’autisme est associé à une augmentation des marqueurs de l’inflammation comme dans certaines maladies auto-immunes. En particulier, il découvrit une équipe de chercheurs de l’Iowa qui traitait les patients atteints de la maladie de Crohn (article original en anglais) et de colites ulcératives (article original en anglais) par des nématodes. Ce sont des vers intestinaux parasites du porc (Trichuris suis). Surprenant !

Vers de porc (Trichuris suis) image de Standford.edu.

Stewart rédigea une note de revue et la présenta au médecin en charge de Lawrence, alors au Mount Sinaï Autism Center de New York et maintenant au Montefiore Medical Center. Le médecin fut impressionné par le raisonnement et la logique de Stewart et entrepris un traitement avec des œufs du parasite porcin produits stérilement et de qualité médicale en Europe par une société allemande (ici). Après avoir ajusté les doses, le traitement administré toutes les 2 semaines a complètement changé le comportement de Lawrence ! Des longues crises quotidiennes initiales, celui-ci est passé à environ 2 crises par mois et répond toujours favorablement au traitement alors qu’il a maintenant 20 ans. Ces parasites sont exclusifs pour le porc et ne se développent pas chez l’homme, qui n’est pas organisme hôte, les vers disparaissent au bout de 2-3 semaines. Il semblerait que le traitement, coutant 600 euros mensuels, induit une augmentation salutaire des défenses immunitaires et régule le comportement. Le père dit: « je trouve le fils que je n’ai jamais eu ! ».

Évidemment ce n’est pas un cas qui va tout révolutionner mais cette observation, suivie d’essais cliniques de plus grande ampleur, en cours actuellement, va certainement ouvrir de nouvelles avancées quant à la compréhension et aux traitements potentiels futurs. En attendant, cela démontre une nouvelle fois que sans des moyens humains et financiers mis dans le dépistage précoce, la prise en charge spécifique des patients et la recherche ainsi que sans l’attention particulière et la combativité de certains, aucun progrès significatif ne peut être attendu ! Pendant ce temps des milliers de patients souffrent…

Article basé sur le papier de Bob Grant publié dans la revue américaine The Scientist en Fév 2011.

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Une réflexion sur “Autisme

  1. Si on savait quoi essayer !!!! On en est arrivé à penser au canabis ou à plein d’autres choses… D’autres pays Européens légalisent certaines subsances de substitution qui peuvent faire « moins de mal » que les antipsychotiques. Tout le monde a un témoignage type, un exemple. A la fin, le corps médical « local » ne s’avance pas vraiment dans « l’expérimentation ». Il faut reconnaitre que chaque cas est particulier. Damien, de 10mg/jour de risperdal en est à moins d’1mg/jour. Une diminution progressive, par palier s’est faite. Sa maman qui n’en pouvait plus de le voir drogué et dans un état pire que sans les médicaments, a préféré essayer cette solution avec une approche différente.L’obésité est toujours présente, mais la violence a disparu. Les crises ne sont plus les mêmes.Tout est une avancée à tatons…le principal est d’avancer …
    A bientôt
    Val

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