Les jeunes au boulot !

Ils le voudraient bien. Mais…

On récolte ce que l'on a semé. Pommier

Tout d’abord, faisons un bref état des lieux en France et en Europe. Les statistiques (Insee 2009) indiquent qu’en France moins d’un jeune (15-24 ans) sur 3 a un emploi. Ceci est proche de la moyenne européenne. Les champions sont les Pays-Bas avec le Danemark alors que les Hongrois, les Grecs et les Italiens sont en queue avec les Lituaniens. Les difficultés d’insertion sont multiples malgré le fait que, en théorie, les jeunes sont mieux formés que leurs ainés. La crise a accentué les inégalités entre diplômés et non qualifiés d’une génération à l’autre. Au bout de trois ans, le taux d’emploi des diplômés est de 85 % alors qu’il n’est que de 49 % pour les non qualifiés. En 2004, les chiffres respectifs étaient de 87 et 56%. Le diplôme protège donc toujours.

Chambre d'étudiant à ParisAvec l’essor démographique qu’ont connu le lycée et l’université depuis le début des années 80 des centaines de milliers de jeunes ont pu accéder chaque année à des études supérieures auxquels leurs parents n’avaient pas accès. Ils sont en droit d’attendre que leurs études leur ouvrent pour une grande majorité d’entre eux un accès à de meilleurs emplois que leurs parents. Cependant, dans plus de la moitié des cas, comme travail on parle d’un contrat précaire (durée limitée et/ou temps partiel). De plus, les stages ont été détournés de leur fonction de découverte de l’entreprise. On a tous entendu parler de ces entreprises qui ne tournent qu’avec des stagiaires occupant de vrais postes… Les politiques depuis de nombreuses années sont de plus en plus responsables de cette situation dramatique et sans grand changement les choses vont encore s’accentuer. En effet, les observateurs attentifs prévoient une dégradation des conditions de formation en particulier pour les générations futures. Ceci est directement à relier aux dégradations des conditions d’exercice des enseignants. Il existe de grandes disparités suivant les régions et leurs écoles. Certaines mairies se débrouillent pour pallier aux carences du ministère de l’éducation nationale. Certains observateurs prédisent le pire pour les années à venir car ces dégradations atteignent maintenant les classes primaires même s’il est démontré que ça l’est déjà au niveau des classes maternelles, qui jouent ainsi le rôle de variable d’ajustement. Or on sait combien les années de formation de base non assimilée compromettent les développements ultérieurs. C’est une des déclarations du chercheur Pascal Bressoux, qui dirige le laboratoire en sciences de l’Education de l’Université Pierre-Mendès-France de Grenoble démontrant que la réduction de la taille des classes a non seulement un impact très significatif sur les acquis des élèves, mais également sur les facteurs comportementaux comme l’envie de travailler et d’être actifs pendant les cours. Ce chercheur indique aussi que cet effet joue plus à l’école primaire, un peu moins au collège et encore un peu moins au lycée.

École à Madagascar

Pour l’OCDE en 2007, la France avait 22,6 élèves par classe en primaire et 24,3 dans le secondaire (moyenne OCDE: respectivement 21,4 et 23,9 élèves). On peut citer les remarques de nombreux Islandais sur les conséquences de la crise dans leur pays: « les effectifs des classes vont passer de 18 à plus de 25 ».

Une belle illustration a été récemment rendue publique par le triste palmarès de la promotion des « boursiers méritants » au concours de l’ENA. Je le signale juste pour le symbole non parce que j’ai une admiration sans borne pour cette formation. Aucun des 15 élèves issus de milieux défavorisés de cette prépa n’a réussi le concours. Cela est révélateur de la difficulté à réparer les traces des déficits originels (culturels et sociaux) du fait du milieu non favorisé malgré l’énorme énergie déployée dans le contexte de cette prépa (bourse, ordinateur perso, logement, tutorat…). Heureusement qu’il n’y a pas que l’ENA dans la vie !

Comment faire pour le retour à l’emploi des jeunes. Surtout en période de crise, le diplôme  assure l’insertion dans l’emploi tandis que l’échec scolaire répété entraine non seulement une démotivation mais ne produit qu’une non qualification et fait le lit de la galère avec sa succession de chômage et d’emplois précaires. Mais décrocher le premier emploi n’est pas facile et apparait comme le fait de privilégiés. Dans une politique volontariste, l’aide accordée (généralement sous forme de contrats d’apprentissage ou d’alternance) peut permettre de mettre un pied sur la première marche de l’emploi. Mais encore faut-il que les aides existent réellement et ne demeurent pas uniquement des effets d’annonce des politiques. Une sociologue nous livre ses travaux qui nous éclairent sur les relations entre l’emploi et le passage à l’état adulte en Europe.

En 2010, 23,7% des jeunes (15-24 ans) travaillent, c’est 3 points de moins qu’en 2007, où 26,9 % des jeunes avaient un emploi aidé. L’incitation des entreprises à embaucher un jeune sans précipiter le départ des vieux (contrat de génération) est un enjeu majeur au cœur d’un dispositif incluant un pacte éducatif proposé par le PS. Il ne faut pas oublier que 2/3 des seniors sont déjà au chômage quand ils liquident leur retraite. Espérons que le moment venu, le PS n’oubliera pas ces objectifs majeurs.

Quel avenir pour nos petits ?

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2 réflexions sur “Les jeunes au boulot !

  1. Merci Val pour ton commentaire très sympa.
    Pas de culpabilité. Nous faisons au mieux de nos données du moment. La passion compte car Il faut choisir un métier que l’on aime puisqu’on y va ensuite tous les jours !
    En effet, c’était la chambre de ma fille à Paris: une fortune mais ma fille, maintenant avocat est heureuse même si elle travaille dur depuis un an.
    Il semble que quand est bien formé cela finit par être gratifiant mais les parents doivent être là pour tenir le moral. Plus on est diplômé plus le poste idéal est long à trouver (7 à 9 mois) car plus rare et cela représente généralement un gros investissement pour la boite…
    Bon, j’arrête là mon air de donneur de leçon et profiter des bons moments.
    Quant à la dernière photo, c’est un joie extraordinaire et insoupçonnée… Première dent aujourd’hui !
    bises
    Den

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  2. Tu publies un article qui me touche particulièrement. Mes enfants sont au cœur de ce sujet.
    En « bonne maman », je ne m’inquiétais que de la réussite scolaire de mes enfants, sans penser au but ultime : L’EMPLOI. Je pensais que l’obtention de diplômes étaient un but dans leur parcours. Erreur, ce n’est en effet, qu’une étape avant le précieux CDI.
    Heureusement, malgré les doutes, il existe encore des entreprises qui savent embaucher sans jouer de stages, de CDD de façon abusive. Ça existe, mais ça devient une rareté et le jeune qui obtient ce précieux contrat, à l’impression d’avoir trouvé le Graal.
    La facilité d’employer des personnes en contrats courts, en stages n’est profitable qu’à une certaine partie de la population, tout en mettant le reste en situation précaire!
    Je me sens plus légère car mon fils a enfin trouvé LE poste désiré. Il me reste mes filles, mais pour l’instant je vais me réjouir de leurs résultats, oublier la stress du logement et des détails étudiants avant de m’inquiéter pour leur recherche d’ emploi.
    Chaque chose en son temps, savourons l’instant.
    Je trouve ton texte très bien illustré.
    J’ai un faible pour le pommier, je souris en voyant la chambre d’étudiant (de ta fille peut être) car une photo de la chambre d’une de mes filles ferait peur, et tu termines bien avec l’avenir que tu nous montres « fièrement » 😉
    Amitiés
    Val

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