Marie-Blanche: Interactions générationnelles

De Jim Fergus, Cherche-Midi

C’était un de mes livres de cet été 2011. Un passionnant volume de plus de 600 pages !

Jim Fergus, qui a été pendant longtemps professeur de tennis a mis de longues années à écrire ce roman; c’est son 3ième après Mille femmes blanches (2000) et la Fille sauvage (2004). En fait, cette histoire est très largement autobiographique puisqu’il s’agit de sa vie, ou plutôt de celle de sa mère (Marie-Blanche) et de sa grand-mère (Renée) et de ses origines françaises. L’histoire se déroule donc sur plusieurs générations et commence en France, chez une famille aristocratique en Bourgogne. Avec un style avenant et direct, Jim Fergus a réussi à élégamment remplir les blancs sur les aspects secrets existant dans toute famille grâce à des témoignages oraux ou écrits d’amis de sa famille. On est captivé par ce récit au fil des allers-retours entre la France et les USA mais aussi transitant par l’Égypte, Londres et la Suisse.

Deux générations

La vie de sa mère est une tragédie sous la dominance de sa grand-mère (Renée) qui, dès son plus jeune âge, a organisé sa vie pour tout régenter, en particulier en utilisant ses charmes pour faire plier et utiliser des hommes influents comme son oncle. Même si elle en encaisse aussi, c’est l’égoïsme et la tyrannie à leurs extrêmes et les dégâts collatéraux qui les accompagnent; la fin justifie les moyens…

De nombreux détails concernent la vie quotidienne des nobles et de leurs serviteurs et rendent cette fresque captivante en illustrant une vision de la grande histoire aussi bien au sujet de la première ou la seconde guerre mondiale que sur les relations des colonies avec la mère patrie. On s’aperçoit que l’aristocratie a une bien piètre opinion du peuple et surtout une haute opinion d’elle-même, ce qui est loin de l’esprit égalitaire républicain. On assiste aux meurs d’une noblesse sur la décadence et tout spécialement le droit de cuissage est commun avec des serviteurs en apparence tout dévoués. Parmi les autres aspects remarquables, nous trouvons la confirmation que les guerres sont des opportunités bien adaptées faites pour s’enrichir, évidemment ce n’est pas pour le commun des mortels mais pour les riches et influents. A titre d’exemple, toutes les fournitures en tissus des armées ont été confectionnées avec le coton égyptien et tout cela avait été soigneusement anticipé pour une rentabilité maximale.

L’Egypte, vue de la Mer rouge

En bref, beaucoup de plaisir avec ce livre d’une construction originale, très bien documenté au niveau des anecdotes et superbement écrit pour le récit de ces destins passionnants. Cela m’a donné envie de lire (ce que je suis en train de faire) Dalva de Jim Harrison, un ami personnel et voisin dans le Colorado de Jim Fergus. Après ce best-seller, que nous réserve Jim Fergus pour le futur ?

[A signaler une excellente interview récente de Jim Fergus par François Busnel à France Inter]

La douce vie dans les colonies

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