Blue Jasmine: la funambule

blue_jasm2Après Minuit à Paris et To Rome with love, ses deux films précédents, j’avais trouvé Woody Allen un peu léger. Vous me direz qu’un réalisateur a le droit de changer mais pour encore mieux, ce qui n’était pas le cas… Avec Blue Jasmine, c’est pour moi le retour du réalisateur que j’aime.

Histoire: Jasmine (Cate Blanchett), baignant dans le luxe de sa trépidante vie new-yorkaise, débarque chez sa modeste sœur (Sally Hawkins) à San Francisco. Jasmine est plutôt divagante en eaux basses sur tous les plans: sans le sous, en mauvais terme avec son fils après le suicide de son mari (Alec Baldwyn) qui en a escroqué beaucoup. Ça démarre fort par une belle démonstration du style de vie des riches: même ruinés, pas d’imagination pour voyager autrement qu’en première dispendieuse avec des bagages de marque, atouts de considération sociale…

Tout peut s'écrouler

Tout peut s’écrouler

Bref, c’est la dégringolade !

S’en suit une peinture de la vie simple de nombreux américains, même sur la Côte Ouest. En fait, tout ce que Jasmine déteste, tellement marquée avec ses altitudes altières propres à sa vie antérieure et dans laquelle consciemment ou inconsciemment la séduction féminine associée au matérialisme a toute sa place. On découvre que Jasmine constate sans aucune lucidité qu’elle ne sait rien faire à part plaire mais l’engagement sincère est au-delà de ses forces et aspirations. C’est un personnage pathétique et parfois ahurissant.
On apprécie non seulement une excellente maitrise cinématographique mais des jeux d’acteurs extraordinaires qui nous tiennent pendant tout le film, digne de la prestation d’un funambule. Sur certains aspects, ce film est à replacer dans un contexte post-affaire Madoff et la crise qui a touché de nombreux américains. Woody Allen filme magistralement avec des flashbacks qui soulignent allègrement les démonstrations de vie où la tragédie n’est pas loin. La place des femmes dans la société, sans études et ambitions personnelles/professionnelles est bien évoquée avec l’omniprésence des hommes aux postes clés.
Quel futur les femmes souhaitent-elles pour elles-mêmes et leur environnement? Sous le regard affuté de Woody Allen, le chemin est plein de précipices…

Et la vie repart

Et la vie repart

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2 réflexions sur “Blue Jasmine: la funambule

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