Fumer pour maigrir: une fausse bonne idée

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Vous voudrez bien excuser mes airs de professeur en santé publique, mais cela me revient régulièrement… Alors allons-y pour un petit couplet supplémentaire contre le tabac.

Certains pensent au tabac pour maigrir. Dans certaines conversations, vous avez déjà entendu cette idée. C’est une idée qui hante souvent les jeunes filles mais pas seulement (voir ici en anglais) puisqu’un fumeur pèse en moyenne 2kg de moins qu’un non-fumeur.

En effet, l’usage du tabac a un effet anorexigène et donc augmente la sensation de satiété. Certains utilisent le tabac pour contrôler les émotions et le stress; ce n’est pas mieux lorsqu’on se jette sur les boissons ou aliments salés/sucrés pour neutraliser les mêmes effets par une sensation de plaisir. De plus, il y a la dépendance largement due à la nicotine (et d’autres additifs non révélés par l’industrie du tabac) qui fait qu’après les débuts, il y a les suites à long terme. Par ailleurs, l’éventuel arrêt ultérieur fera prendre du poids au moins à court terme. Il vaut mieux donc ne pas commencer. Effectivement, la cigarette peut donc faire maigrir… jusqu’à ce qu’on la quitte.

Cepdsc06105endant, les effets indésirables sont nombreux.

Parmi eux, on trouve des effets thrombotiques, c’est à dire facilitant les caillots sanguins. Les vaisseaux ont la propriété de se dilater et de se contracter, c’est la vasomotricité. Le tabac induit une perturbation de la vasomotricité des vaisseaux et peut se traduire par un spasme des artères. Le spasme est un rétrécissement brutal du calibre de l’artère par une contraction de sa paroi, avec une réduction du débit sanguin. Le spasme peut parfois être complet et entraîner une occlusion complète de l’artère avec un risque réel d’infarctus du myocarde ou d’autres tissus.

 

Après une seule cigarette s’en suit une élévation de la pression artérielle systolique et diastolique pendant un minimum de 30 à 40 minutes, accompagnée d’une accédsc06171lération du pouls : ces deux phénomènes participent à la potentialisation du risque cardio-vasculaire.

Le tabac est également connu pour augmenter le taux sanguin des particules qui transportent le mauvais cholestérol ( LDL-cholestérol), des triglycérides, et diminuer le bon cholestérol (HDL-cholestérol): il aggrave aussi l’hyperglycémie et les problèmes lipidiques des patients diabétiques.

Il faut également signaler que le monoxyde de carbone libéré par la combustion du tabac est accompagné par un remplacement de l’oxygène présent au niveau des globules rouges et donc participe à une mauvaise oxygénation des tissus.

Peut-être est-ce une des raisons la reconnaissable mine grise des fumeurs, sans doute due aux effets vasoconstricteurs (retrouvés également sur les vaisseaux sanguins limitant la bonne oxygénation des tissus) et des odeurs pénétrantes et persistantes.

A court et long terme, en revanche la consommation régulière de cigarette n’est pas sans complication. Nul n’ignore que le tabac est responsable de nombreux cancers (gorge, poumons, vessie) et peut aussi entraîner une dépendance à la nicotine dont il est difficile de se débarrasser.

Revenons sur la nicotine. Cet alcaloïde passe très rapidement dans le sang grâce à la remarquable efficacité des poumons et la cinétique de la concentration sanguine de nicotine est équivalente à une injection intraveineuse. Le fumeur enchaîne les bouffées jusqu’à atteindre la concentration qui lui convient, ceci quel que soit la teneur initiale de la cigarette en ajustant sa manière de fumer. Une heure après la cigarette, la concentration est revenue à celle de base du fumeur et appelle la prochaine cigarette par le manque d’un taux élevé de nicotine.

Plus récemment (article original en anglais ici), il a été démontré que la nicotine a effectivement un effet lipolytique, c’est à dire qui libère les graisses stockées. Mais cela passe par un relargage des acides gras circulant dans le sang et qui entraînent une insulino-résistance, c’est à dire une facilitation de l’installation du diabète de type 2, maladie grave en constante augmentation dans le monde.

De plus, il faut aussi se méfier de l’association activité sportive et tabac qui est explosive, l’une ne compensant pas l’autre, bien au contraire !

Quand on veut maigrir, en général c’est pour être en meilleure santé, ce n’est donc pas l’objectif des cigarettes qui ne sont pas tout à fait des médicaments utiles… C’est donc une idée dangereuse.panorama_aravis17

Petit plaisir de saison

DSC00146Ben oui, ce sont des coeurs-de-pigeon !

Quand j’ai acheté cette maison avec un petit verger, c’était la première fois que je voyais cette sorte de cerise. Et j’attendais patiemment qu’elles rougissent car au début elles sont très pales, puis se colorent partiellement.

DSC06265Mais oui, c’est leur couleur. Avouez quelles sont bien jolies.

DSC06107Je peux vous avouer qu’elles ne sont pas que jolies mais succulentes. Ces fruits sont d’un bon diamètre avec petits noyaux et un chair bien croquante pas trop sucrée et beaucoup de goût pas comme certaines cerises énormes mais qui n’en en pas trop.

En plus, cela fait du bien de consommer plus de fruits après un hiver où on a mangé et repris des bons plats. Les cerises aident à éliminer !

De plus les cerises, favoriseraient un sommeil de qualité car elles sont assez riches en mélatonine et son précurseur (hormone régulant les cycles chronobiologiques), comme l’a montré plusieurs études dont celle-ci (voir ici, en anglais).

Et même si en clafoutis elles excellent, n’oubliez pas, c’est sur l’arbre au matin quelles sont les meilleures !

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Personnes à forte corpulence

Le pique-niqueurs du dimanche - Elisheva Engel 1949 - Fondation Giannada

Les pique-niqueurs du dimanche – Elisheva Engel 1949 – Fondation Giannada

L’obésité est caractérisée par un excès de masse grasse. Cela peut être révélé par certaines balances capables de mesurer le pourcentage de matière grasse. Ce pourcentage varie suivant que vous êtes un homme ou une femme, votre age et bien sûr vos apports en fonction de votre niveau d’activité ! Connaissant votre poids et votre taille, vous pouvez aussi calculer votre indice de masse corporel (IMC ou BMI, en anglais) par le rapport poids (en kg) divisé par le carré de la taille (en m). Ce paramètre est un indice qui révèle si vous êtes en surpoids (entre 25 et 30), maigre (< à 18,5) ou obèse (>30), les valeurs de références étant de 18,5 à 25. Il est préférable d’avoir une balance qui mesure le taux de graisse car généralement, elle vous donne également la quantité de muscle, d’eau et d’os. Ceci pour ne pas avoir l’excuse de dire que vous avez de très gros os qui sont responsables de votre surpoids… Vous pouvez aussi mesurer votre tour de taille (voir ) qui doit être préférentiellement inférieur à 102 cm pour les hommes et 88 cm pour les femmes.

Pourquoi c’est important ? Parce que l’obésité entraine des conséquences pour la santé et réduit considérablement l’espérance de vie. Les causes sont complexes mais au-delà des interaction génétique-nutrition (voir ici), des facteurs environnementaux de toutes sortes semblent impliqués dans l’installation de cette maladie chronique qui se traduit par des troubles parmi lesquels on trouve l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, les anomalies des lipides (cholestérol), les atteintes cardiovasculaires, les troubles articulaires, du sommeil et les cancers. Rien que ça !

Les baigneurs, Niki de Saint Phalle - Fondation Giannada

Les baigneurs, Niki de Saint Phalle – Fondation Giannada

Si pour la majorité des conséquences médicales, les données sont bien établies, l’association avec les cancers vient tout récemment de bénéficier d’arguments épidémiologiques (voir résumé ici). En utilisant des données recueillies au niveau mondial, cette toute récente étude (article en anglais, ) vient de proposer que pour des adultes d’âge supérieur à 30 ans, 3,6% des cancers survenus en 2012 sont attribuables à un IMC élevé. Plus du quart des cancers sont reliés à un IMC élevé dans les pays de l’Amérique du Nord, de l’Europe du Nord ou de l’Ouest ! Les pays de cette zone regroupe à eux seuls plus de 66% des cancers recensés dans le monde.

Cette situation est d’autant plus inquiétante que le surpoids et l’obésité sont en constante augmentation depuis les années 1980. Au niveau mondial, plus du tiers de la population est concerné par l’excès de poids et 12% par l’obésité. Même si le taux d’obésité moyen chez les américains adultes est de 34,9%, et 68,5% sont en surpoids ou obèses (ref. ici), on observe une certaine stabilisation aux USA alors que les progressions sont fulgurantes pour l’Amérique latine, les Caraïbes et l’Afrique du Nord. En France, les études récentes (Obepi) varient sensiblement mas il faut retenir que plus de 30% de la population serait en surpoids avec 16% d’obèses même si elle s’auto-estime globalement en bonne santé. Le pourcentage d’obèses est plus élevé chez les inactifs (20%) et chez les 50-64 ans (21%). Les obèses sont moins assidus aux activités sportives, seulement 49% affirmant s’adonner à une activité physique ou sportive. Les principaux freins à la pratique sportive sont le manque de temps (36%) et l’absence de motivation (33%). Étonnamment, près de 15% déclarent que le manque d’argent est à l’origine de leur absence de pratique sportive alors que prendre ses chaussures et aller marcher/courir ne coûte rien !

Grignotage, repas sautés ou avalés à toute vitesse, budget réduit consacré à l’alimentation font partie de mauvaises habitudes généralement relevées par les enquêtes. Pour les jeunes, l’alimentation ne constitue pas un poste de dépense prioritaire, le smartphone et l’habillement passant largement devant la qualité et la quantité de l’alimentation.

Il faut souligner qu’il a été mis en évidence une corrélation très significative entre le nombre de restaurants McDonald’s et la prévalence de l’obésité dans le monde (voir ici).

Comme entre les différents pays, la fracture sociale existe également en matière de surpoids : la proportion de jeunes en surpoids ou obèses est d’un sur dix dans les ménages les plus aisés (revenu net mensuel supérieur à 3 000 euros, ce qui représente 10 % des foyers en France), alors qu’elle est d’un sur quatre parmi les foyers les plus modestes (revenu net mensuel < 1 250 euros, soit 26 % des foyers).

pom01Il faut cependant rappeler que le nombre de cancers attribuables à l’obésité est inférieur à ceux causés par les infections et le tabac, responsables à eux seuls de plus de 36% des tumeurs.

La lutte contre l’obésité est donc un réel problème de santé publique et ce qui est regrettable, c’est que dans de nombreux cas, il serait possible d’agir par des politiques de prévention incluant les industries agroalimentaires, les municipalités et des améliorations des comportements individuels.

L’élimination ou la réduction de seulement six facteurs de risque pour la santé permettrait d’empêcher ou pour le moins de retarder un grand nombre de décès prématurés. Chacun connaît ces mesures simples en association avec la nutrition et l’activité physique qui ont toute leur place: réduire la consommation de tabac, limiter de 10 % celle d’alcool, réduire de 30 % l’ingestion de sel, diminuer de 25 % le nombre de personnes hypertendues, lutter contre la sédentarité et bien entendu limiter la hausse du nombre de patients obèses et diabétiques de type 2.

En fait, sans succomber aux sirènes de régimes ésotériques souvent par manque d’information, cela ressemble à un style de vie tout simplement plus sain au quotidien !

 

A la Noix

noix-5C’est l’automne, c’est la saison des champignons mais aussi des noix !

Mon noyer est assez tardif et il arrive maintenant à maturité.

noix-6J’adore voir les noix apparaître sortir de leur coque verte mouchetée. Cela va ensuite très vite suivant la météo et bien entendu le vent. Elles tombent alors sur l’herbe, avec des bruits de tam-tam.

Un grand consommateur !

Un grand consommateur !

 

Alors là, la compétition est grande avec les écureuils qui rivalisent de vitesse pour les récolter.  Sans compter les oiseaux qui eux aussi prennent leur part.

Bref, la noix c’est toute une aventure, une fois que les fleurs ont échappé au gel printanier…

noix-8Pour les fidèles qui me suivent depuis un certain temps, vous savez combien je vante facilement les vertus diététiques de la noix et de son huile (ici). Avec en tête la noix de Grenoble, bien sûr !

noix-3La consommation française se situe dans la moyenne européenne, de l’ordre de 500g/an par habitant ce qui fait une noix par semaine. Pour ma part, je suis bien au-dessus de cette moyenne, ce que je vous conseille pour la richesse des apports en acides gras oméga 3 bénéfiques. La production française, avec près de 35000t, est plutôt en tête en Europe mais loin derrière les USA et la Chine au niveau mondial. Les Grecs en consomment 5 fois plus que nous (stats ici).

noix-2Savez-vous que pour bien casser une noix, il faut frapper sur le centre de la coque et non sur la jointure? Cela respecte bien les cerneaux, qu’il ne faut jamais préparer d’avance car ils se détériorent très vite par oxydation. La noix est fragile et se conserve le mieux dans sa coque !

noix-9La noix de Grenoble dispose d’une AOC depuis 76 ans ! Chez moi , c’est de la Franquette, fraîche, sèche ou en excellentes recettes, régalez vous !

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Born to run

Évidemment, vous pensez tous au morceau de Bruce Springsteen, n’est-ce pas?

born to runEt bien non, il s’agit d’un livre sur la course dont je vous livre quelques éléments et impressions après lecture. Ce livre m’a été offert par un ami cher, Merci Ben !…

L’auteur en est Christopher McDougall; véritable best seller aux USA lors de sa sortie (2009), la traduction française est plus récente (Editions Guérin, fin 2012) et il y a une préface de Kilian Jornet, qui lui aussi écrit des livres et qu’on ne présente plus…

 

Il a attendu son papa avec patience...

Il a attendu son papa avec patience…

Chris McDougall est journaliste,  passionné de course à pied mais est frustré car il est anéanti par les blessures aux genoux et chevilles et ses performances sont très modestes. Après avoir entendu parler des travaux du chercheur Daniel Lieberman, de l’Université d’Harvard, qui étudie la biomécanique en particulier de la course chez l’homme, il part en quête de bonnes chaussures et/ou de la meilleure manière de courir pour tenter de résoudre ses problèmes. Lieberman a mis en évidence et publié que les forces à l’impact seraient moindres lorsqu’on a une attaque du pied sur la pointe par rapport au talon. Il en découle toute une manière de courir assez différente de se qui se fait habituellement mais défendue comme moins traumatisante. Chris décide d’aller tester cette théorie chez les Tarahumaras, amérindiens Mexicains, pour qui courir est permanent et fait partie intégrante de leur culture. Dans le livre, il est décrit que ces Indiens font des réunions entre clans où les longues courses se pratiquent par équipes, à l’occasion de fêtes joyeuses et conviviales. Il faut signaler qu’ils courent quasiment pieds nus ou avec de simples sandales sur des chemins escarpés et  par des températures extrêmes.

Le tour de force de Chris McDougall est d’y trouver matière à en faire un livre.

Et pourtant, tout cela est assez passionnant: Les ingrédients du succès sont des personnages assez spéciaux avec leurs caractères et leurs manies, des stars de la course à pied comme Scott Jurek. On y trouve bien documenté aussi de la science avec des développements sur des questions comme celle-ci: l’homme est-il fait pour courir et comment cela est il arrivé dans l’évolution en analyses comparatives avec la physiologie des animaux rapides? Il y a également de l’ethnologie et des récits de course où les narco-trafiquants rodent.… Il semblerait que le minimalisme en course a explosé grâce à ce livre: comprendre courir pieds nus ou avec des chaussures très légères comme les five fingers… Je ne suis pas du tout adepte de ce genre de matériel. Je préfère pour ma part être bien protégé par des chaussures de trail amortissantes.

Qu’est-ce qui pousse à courir pendant des heures dans les bois et les montagnes?

L'arrivée !

L’arrivée !

C’est la question que je me pose moi-même lorsque je coure dans les bois et les montagnes. Et surtout, je pense à mes enfants qui ont la même passion en pire. En effet, mon fils coure assez régulièrement les courses de l’UTMB. Il y trouve du plaisir puisqu’il recommence ! Quant à ma fille, elle coure, nage et pratique des triathlons, comme l’Xterra – France (ce week-end !). Vous allez me dire que les chiens ne font pas des chats mais quand même… Les bienfaits du sport d’endurance sont indéniables (à petite dose, mais quelle est la dose ?)  Il est vrai qu’être dans la nuit à la lueur d’une frontale dans les montagnes en pleine nature a quelque chose de fascinant. Quand il pleut, qu’il vente ou qu’il neige dru, c’est autre chose…

Il est vrai  que l’engouement pour la course peut paraître surprenant et qu’il y a maintenant un nombre de courses incroyables dans le monde entier !

La dernière de mon fils: la Maxirace à Annecy fin Mai: 86 km et 5500m de dénivelé ! Je l’ai trouvé assez frais à l’arrivée même après 16h de course (départ 3h du matin !) et son petit (mon petit-fils adoré, 3ans et demi) l’a attendu (longtemps ! comme sur la première photo) pour passer la ligne d’arrivée ensemble.

On applaudit les suivants.

On applaudit les suivants.

Bonne ballade et bonne course !