Pollution

Une fois n’est pas coutume chez moi mais là…
Ce n’est que peu de chose, vraiment peu de chose mais…
Si cela pouvait aider à accélérer le ferroutage de ces myriades de camions qui polluent cette vallée au point qu’en haute montagne on les entend encore et encore …

Puisque qu’en haut c’est si beau !

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Alors visionnez et transmettez:

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Les rameurs

ram2Un livre que j’ai dévoré il y a quelque temps déjà dont je trouve enfin  le temps de vous donner un petit aperçu. J’en ai déjà beaucoup parlé autour de moi car il est exemplaire dans sa démarche et bien documenté. Dominique Dupagne l’auteur, a animé pendant de nombreuses années un blog qui était un mine d’informations et de réflexions dans le domaine médical et en santé; je parle au passé car ce blog a un peu évolué plus récemment. Le blog Atoute ici.

Vous connaissez certainement la fable du rameur dont il existe plusieurs variantes.

En voici une tirée du livre (La revanche du rameur, Dominique Dupagne, Michel Lafond) qui démarre et illustre bien le propos.ram01

Deux universités ont pour habitude de se confronter annuellement dans une compétition d’aviron. Le doyen de l’université A, qui a perdu les deux confrontations précédentes contre l’université B, décide d’appliquer à son équipe les techniques managériales modernes enseignées dans son établissement. Il débloque un budget conséquent pour ce projet et fait appel au cabinet de conseil Mc Delsen fondé par d’anciens élèves. Les deux équipes s’entraînent dur, mais l’équipe A est réorganisée à la lumière des méthodes de management modernes.

L’heure de la course arrive enfin, malheureusement, le bateau A perd avec un kilomètre de retard sur l’équipe B. Le doyen de l’université A et les consultants de Mc Delsen en sont très affectés. Ils se réunissent pour rechercher les causes de cet échec. Une mission d’audit composée de seniors managers est constituée. Après enquête, elle constate que leur équipe est constituée d’un barreur, de cinq consultants et de trois rameurs, alors que l’équipe B comporte un barreur et huit rameurs. La direction décide de lancer une nouvelle mission de conseil pour l’année suivante, mission confiée à un groupe d’experts de haut niveau.

Ceux-ci proposent de procéder à une réorganisation totale du bateau de l’université A. Il est question de manuel qualité, de procédures d’application, de documents de suivi. Une nouvelle stratégie est mise en place, basée sur une forte synergie. Elle doit améliorer le rendement et la productivité grâce à des modifications structurelles. On parle de Zéro Défaut, de Qualité Totale. La nouvelle équipe supervisée par Mc Delsen comprend désormais un directeur général d’aviron, un directeur adjoint d’aviron, un manager d’aviron, un superviseur d’aviron, un consultant qualité, un contrôleur de gestion, un chargé de la communication interne, un barreur et… Un rameur !

Il est demandé au rameur de rédiger un rapport d’activité tous les vingt coups de rame. Une brève réunion de suivi et d’évaluation des objectifs est programmée tous les kilomètres. La course a lieu et l’équipe A termine cette fois avec trois kilomètres de retard sur l’équipe B qui s’obstine à fonctionner avec un barreur et huit rameurs ! Le doyen et les consultants de Mc Delsen en sont profondément affectés et prennent une décision rapide, mais logique et courageuse : ils licencient le rameur, celui-ci n’ayant pas atteint ses objectifs. Ils vendent le bateau et annulent la mission ainsi que tous les investissements prévus pour la réorganisation.

Avec l’argent ainsi économisé, le doyen rénove son bureau, et l’associé Mc Delsen en charge du projet octroie une prime aux managers et aux superviseurs. Il augmente les salaires des directeurs et s’attribue une indemnité exceptionnelle de fin de mission.

Pour qui travaille dans un organisme un peu important en nombre ou qui subit une hiérarchie avec un certain poids (finalement beaucoup de personnes !), le maitre mot est un sentiment de gaspillage d’énergie et de créativité surtout que dans la plupart des cas, il s’agit de l’argent public, c-a-d le nôtre… Sans compter les burn-out et les laisser sur le chemin…

Pour ceux qui ont déjà un peu d’années derrières eux, il est souvent fait référence à un livre de sociologie que j’avais lu il y a longtemps et que l’on peut lire en pdf sur le lien suivant (« Ces grands singent qui nous dirigent », ). Il est toujours diablement d’actualité !

Je ne résiste pas à vous faire partager une image détournée que vous trouverez sur le site de ce livre (ici) puisque l’auteur (Dominique Dupagne) est un grand spécialiste du web.

La revanche du rameurs

La revanche du rameur, Bob

Je suis, nous sommes tous…

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CHARLIE

Stupeur, Solidarité et refus

La liberté est si précieuse
On a le devoir d’être raciste envers les cons !

Ils ne verront pas le printemps, alors pour qu’ils restent toujours dans notre mémoire:

Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Jean Cabut dit Cabu, Elsa Cayat, Stéphane Charbonnier dit Charb, Philippe Honoré, Bernard Maris, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Bernard Verlhac dit Tignous, Georges Wolinski.

OGM: l’Etude?

Il ne vous a pas échappé qu’il y a eu un pic média sur les OGM ces derniers temps (ce n’est pas encore retombé !). En tant que scientifique, je suis allé illico voir la publication originale car bien entendu, le sujet m’intéresse et je suis plutôt du genre à penser que les pesticides et herbicides ne font pas trop bon ménage avec notre santé. Mais je ne suis pas toxicologue, alors je suis à l’affut d’information puisque ça m’intéresse !

Dès que j’ai eu la publication en main, j’ai immédiatement eu un malaise dans la structure de cet article.

De quoi s’agit-il? Je vous extrais l’essentiel. Des rats mâles et femelles sont nourris avec trois types de régime: du maïs transgénique NK603; du maïs transgénique NK603 traité en plein champ par 3 concentrations de glyphosate (Roundup); du maïsnon transgénique avec du glyphosate seul (3 concentrations) dans de l’eau de boisson. Chaque groupe de rats contient 10 animaux ce qui fait au total 220 rats. La durée de l’expérimentation est de 2 ans et sont suivis entre autres  l’apparition de tumeurs et la mortalité.

La molécule de glyphosate, principe acif du Roundup

Qu’est -ce que le mais NK603? Un mais commercialisé par Monsanto chez qui un gène moins sensible au glyphosate a été inséré afin de conférer  une tolérance au glyphosate puisque l’enzyme codé par ce gène est décrite pour détoxifier cet herbicide. Ceci permet d’arroser les cultures de glyphosate sans perturber la croissance des plans de mais. Il faut signaler que ce mais transgénique est stérile.

La publication qui a eu lieu dans une revue de moyenne importance, la revue américaine Food and Chemical Toxicology (celle où publie largement les chercheurs de Monsanto) est très ardue à lire car les figures sont loin d’être claires. Ceci n’est pas de bon augure pour un article, quand les figures sont claires, on a à peine besoin de lire les texte. De surcroit, les données ne sont exposées que de manière essentiellement qualitative. On s’attend à un effet-dose, cad plus d’herbicide entrainant plus de tumeurs, ce qui n’est pas rapporté. Il y a bien sûr les fameuses photos, bien choisies, qui ont fait le tour du monde des média.

Discussion sur le modèle animal: Il s’agit de rat classiquement utilisé dans ce genre d’étude. Ces rats développent des tumeurs assez facilement sur le long terme. Mais il est classique d’utiliser un modèle qui possède une propension à exprimer le problème étudié mais dans ce cas, il faut que les différences avec les effets du traitement soient au-dessus du bruit de fond pour être significatives. Il est alors compréhensible que cela dilue un peu les résultats car une mortalité ou une tumeur en plus ou en moins cela change rapidement les pourcentages à partir d’un groupe de 10 animaux. Il ressort qu’il semble y avoir des tendances mais qui ne sont pas étayées par des statistiques nettes. Une figure montre les changement des paramètres biochimiques sanguin ou urinaires mais sans aucune valeurs chiffrées et uniquement en variation par rapport aux contrôles mais avec des écart-types énormes. Si j’envoyais un article de cette manière, il serait certainement refusé par les juges (referees) du journal. Il y a donc un manque criant de statistiques. Ce qui fait qu’il est difficile de tirer  de conclusion sérieuse.

J’en retiens personnellement que ce n’est pas cet article qui va me convaincre de la nocivité de cet OGM et de cet herbicide. Pourtant  cette étude a le grand mérite d’avoir poursuivi l’expérimentation pendant un temps très long (2 ans) ce qui a un cout important (les études à long terme sont rares); les études publiées par Monsanto, effectuées sur des plus petits groupes d’animaux étaient poursuivis sur une durée très inférieure (90 jours) et ne trouvaient bien entendu aucun effet négatif.  Cependant, même si je ne vois pas comment dans le cas présent, ce transgène peut être toxique pour notre alimentation, je pense qu’ingérer des aliments issus de plantes arrosées de glyphosate ne peuvent pas être anodin puisque cet herbicide peut causer seul quelques problèmes chez l’homme (hémopathies, troubles de la reproduction). Il y a également le cas de la dissémination de ces gènes, bien que les plantes soient stériles et considérer le problème du point de vue des insectes, comme le rapportent certaines études (commentée ici).  De plus, il faut considérer les conséquences économiques de ces cultures. En discutant avec des agriculteurs céréaliers, ils ne conçoivent pas de ne pas produire leurs propres semences eux-mêmes et de dépendre d’un groupe multinational. En conséquence, ils n’envisagent pas le moindre du monde d’utiliser ses plantes génétiquement modifiées. En revanche, il ne faut pas mettre tous les OGM dans le même panier. comme le laisse croire la une du Nouvel Obs.  En effet, il en est tout différent d’utiliser des plantes (ou des animaux) pour produire des agents à visée thérapeutique humaine (protéines recombinantes type insuline, etc…).

Il est également vain de croire qu’avec une publication on résout un problème dans le domaine biomédical. Il faut une cascade de travaux publiés et reproduits dans différents laboratoires pour commencer à prouver un mécanisme scientifique.

En revanche, on peut se demander pourquoi ce type d’étude a du être conduite dans le secret et pas par des organismes publics comme l’Inra. Cela fait plus de 10 ans que ce mais est cultivé aux USA. L’étude aurait couté 3 millions d’euros (soutenu par le CRIGEN), ce n’est rien à l’échelle d’un gouvernement ou d’une société comme Monsanto… Mais il faut savoir qu’un grand nombre de projets et de nombreuses thèses sont co-financés par les firmes de l’agrochimie. Ceci peut s’expliquer en partie par l’indigence des financements de la recherche publique. Les enjeux financiers et les conflits d’intérêt sont de très grande envergure et intimement mélangés !

En bref, les études publiées de Monsanto apparaissent bien insuffisantes mais celle de Séralini ne semble pas mieux. Il ne faut pas se laisser manipuler par des opérations de marketing de toute origine et garder son sens critique. Seul de la science rigoureuse pourra utilement faire avancer le débat. La défiance envers la science et ses effets n’est pas prête de s’estomper.

Les jeunes au boulot !

Ils le voudraient bien. Mais…

On récolte ce que l'on a semé. Pommier

Tout d’abord, faisons un bref état des lieux en France et en Europe. Les statistiques (Insee 2009) indiquent qu’en France moins d’un jeune (15-24 ans) sur 3 a un emploi. Ceci est proche de la moyenne européenne. Les champions sont les Pays-Bas avec le Danemark alors que les Hongrois, les Grecs et les Italiens sont en queue avec les Lituaniens. Les difficultés d’insertion sont multiples malgré le fait que, en théorie, les jeunes sont mieux formés que leurs ainés. La crise a accentué les inégalités entre diplômés et non qualifiés d’une génération à l’autre. Au bout de trois ans, le taux d’emploi des diplômés est de 85 % alors qu’il n’est que de 49 % pour les non qualifiés. En 2004, les chiffres respectifs étaient de 87 et 56%. Le diplôme protège donc toujours.

Chambre d'étudiant à ParisAvec l’essor démographique qu’ont connu le lycée et l’université depuis le début des années 80 des centaines de milliers de jeunes ont pu accéder chaque année à des études supérieures auxquels leurs parents n’avaient pas accès. Ils sont en droit d’attendre que leurs études leur ouvrent pour une grande majorité d’entre eux un accès à de meilleurs emplois que leurs parents. Cependant, dans plus de la moitié des cas, comme travail on parle d’un contrat précaire (durée limitée et/ou temps partiel). De plus, les stages ont été détournés de leur fonction de découverte de l’entreprise. On a tous entendu parler de ces entreprises qui ne tournent qu’avec des stagiaires occupant de vrais postes… Les politiques depuis de nombreuses années sont de plus en plus responsables de cette situation dramatique et sans grand changement les choses vont encore s’accentuer. En effet, les observateurs attentifs prévoient une dégradation des conditions de formation en particulier pour les générations futures. Ceci est directement à relier aux dégradations des conditions d’exercice des enseignants. Il existe de grandes disparités suivant les régions et leurs écoles. Certaines mairies se débrouillent pour pallier aux carences du ministère de l’éducation nationale. Certains observateurs prédisent le pire pour les années à venir car ces dégradations atteignent maintenant les classes primaires même s’il est démontré que ça l’est déjà au niveau des classes maternelles, qui jouent ainsi le rôle de variable d’ajustement. Or on sait combien les années de formation de base non assimilée compromettent les développements ultérieurs. C’est une des déclarations du chercheur Pascal Bressoux, qui dirige le laboratoire en sciences de l’Education de l’Université Pierre-Mendès-France de Grenoble démontrant que la réduction de la taille des classes a non seulement un impact très significatif sur les acquis des élèves, mais également sur les facteurs comportementaux comme l’envie de travailler et d’être actifs pendant les cours. Ce chercheur indique aussi que cet effet joue plus à l’école primaire, un peu moins au collège et encore un peu moins au lycée.

École à Madagascar

Pour l’OCDE en 2007, la France avait 22,6 élèves par classe en primaire et 24,3 dans le secondaire (moyenne OCDE: respectivement 21,4 et 23,9 élèves). On peut citer les remarques de nombreux Islandais sur les conséquences de la crise dans leur pays: « les effectifs des classes vont passer de 18 à plus de 25 ».

Une belle illustration a été récemment rendue publique par le triste palmarès de la promotion des « boursiers méritants » au concours de l’ENA. Je le signale juste pour le symbole non parce que j’ai une admiration sans borne pour cette formation. Aucun des 15 élèves issus de milieux défavorisés de cette prépa n’a réussi le concours. Cela est révélateur de la difficulté à réparer les traces des déficits originels (culturels et sociaux) du fait du milieu non favorisé malgré l’énorme énergie déployée dans le contexte de cette prépa (bourse, ordinateur perso, logement, tutorat…). Heureusement qu’il n’y a pas que l’ENA dans la vie !

Comment faire pour le retour à l’emploi des jeunes. Surtout en période de crise, le diplôme  assure l’insertion dans l’emploi tandis que l’échec scolaire répété entraine non seulement une démotivation mais ne produit qu’une non qualification et fait le lit de la galère avec sa succession de chômage et d’emplois précaires. Mais décrocher le premier emploi n’est pas facile et apparait comme le fait de privilégiés. Dans une politique volontariste, l’aide accordée (généralement sous forme de contrats d’apprentissage ou d’alternance) peut permettre de mettre un pied sur la première marche de l’emploi. Mais encore faut-il que les aides existent réellement et ne demeurent pas uniquement des effets d’annonce des politiques. Une sociologue nous livre ses travaux qui nous éclairent sur les relations entre l’emploi et le passage à l’état adulte en Europe.

En 2010, 23,7% des jeunes (15-24 ans) travaillent, c’est 3 points de moins qu’en 2007, où 26,9 % des jeunes avaient un emploi aidé. L’incitation des entreprises à embaucher un jeune sans précipiter le départ des vieux (contrat de génération) est un enjeu majeur au cœur d’un dispositif incluant un pacte éducatif proposé par le PS. Il ne faut pas oublier que 2/3 des seniors sont déjà au chômage quand ils liquident leur retraite. Espérons que le moment venu, le PS n’oubliera pas ces objectifs majeurs.

Quel avenir pour nos petits ?